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Actes 15

15
L'assemblée de Jérusalem
La tension monte
(15.1-3)
La première évaluation positive de la nouvelle Église d'Antioche est remise en cause par des frères venus de Judée, adeptes d'une application rigoureuse de la loi de Moïse, et elle dégénère en conflit. On fait alors appel au jugement des autorités de Jérusalem.
1Quelques hommes vinrent de Judée à Antioche et se mirent à donner aux frères cet enseignement : « Vous ne pouvez pas être sauvés si vous ne vous faites pas circoncire comme la loi de Moïse l'ordonne#15.1 Voir Lév 12.3.. » 2Paul et Barnabas les désapprouvèrent et eurent une violente discussion avec eux à ce sujet. On décida alors que Paul, Barnabas et quelques autres personnes d'Antioche iraient à Jérusalem pour parler de cette affaire avec les apôtres et les anciens. 3L'Église leur accorda donc l'aide nécessaire pour ce voyage#15.3 leur accorda… voyage: autre traduction les accompagna (sur la route). L'Église en question est celle d'Antioche de Syrie.. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, en racontant comment les non-Juifs s'étaient tournés vers le Seigneur : cette nouvelle causait une grande joie à tous les frères. 4Quand ils arrivèrent à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Église, les apôtres et les anciens, et ils leur racontèrent tout ce que Dieu avait réalisé par eux. 5Mais quelques membres du parti des Pharisiens, qui étaient devenus croyants, intervinrent en disant : « Il faut circoncire les croyants non juifs et leur commander d'obéir à la loi de Moïse. » 6Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette question. 7Après une longue discussion, Pierre intervint et dit : « Frères, vous savez que Dieu m'a choisi parmi vous, il y a longtemps, pour que j'annonce la Bonne Nouvelle à ceux qui ne sont pas juifs, afin qu'ils l'entendent et qu'ils croient. 8Et Dieu, qui connaît le cœur des humains, a attesté qu'il les accueillait en leur donnant le Saint-Esprit aussi bien qu'à nous#15.8 v. 7-8: Comparer 10.44 ; 11.15.. 9Il n'a fait aucune différence entre eux et nous : il a purifié leur cœur parce qu'ils ont cru. 10Maintenant donc, pourquoi défiez-vous Dieu en voulant imposer aux croyants un fardeau que ni nos ancêtres ni nous-mêmes n'avons été capables de porter ? 11Nous croyons au contraire que nous sommes sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière qu'eux. »
Une porte ouverte à tous
(15.4-12)
Le récit de Luc rassemble des traditions complexes. Sa présentation s'articule autour de trois pôles : Pierre, Jacques, la lettre envoyée aux croyants non juifs.
Le récit des réalisations divines, répété par Paul et Barnabas (v. 4, 12), encadre l'intervention de Pierre. Ce dernier, fort de son expérience, confirme l'ouverture de la porte aux non-Juifs, sans condition préalable comme la circoncision, pourvu qu'ils croient à la Bonne Nouvelle. Dieu lui-même en a donné la confirmation, signée par le don de l'Esprit.
12Alors, toute l'assemblée garda le silence et l'on écouta Barnabas et Paul raconter tous les miracles et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les non-Juifs. 13Quand ils eurent fini de parler, Jacques#15.13 Comparer 12.17 et la note. prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi ! 14Simon#15.14 Simon est le premier nom de Pierre (voir Matt 4.18). a raconté comment Dieu a pris soin dès le début de ceux qui ne sont pas juifs pour choisir parmi eux un peuple qui lui appartienne. 15Et les paroles des prophètes s'accordent avec ce fait, car l'Écriture déclare :
Le respect de l'autre
(15.13-21)
Même Jacques, qui représente une tendance conservatrice, reconnaît l'élargissement du peuple élu, et il y voit la réalisation du projet de Dieu, annoncé en Amos 9.11-12 (v. 16-18). Puisque Dieu appelle tous les humains, il faut résoudre le problème nouveau d'une cohabitation dans le respect des différences entre les croyants juifs et non juifs. L'ordre donné par Dieu aux Israélites de ne pas consommer le sang des animaux (Lév 17.13-14) fait aussi partie de la bénédiction accordée à Noé et ses fils, pour toute l'humanité, en Gen 9.3-4. C'est donc un élément important des règles alimentaires, et l'on comprend pourquoi cette question a posé un véritable problème aux premières communautés chrétiennes.
La question de la viande sacrifiée aux idoles est également abordée dans 1 Cor 8, où Paul insiste aussi sur la nécessité de ne blesser la conscience de personne parmi les membres de la communauté.
16“Après cela je reviendrai, dit le Seigneur,
pour reconstruire la maison de David qui s'était écroulée,
je relèverai ses ruines
et je la redresserai.
17Alors tous les autres humains chercheront le Seigneur,
oui, toutes les nations que j'ai appelées à être miennes.
Voilà ce que déclare le Seigneur,
18qui a fait connaître ses projets depuis longtemps#15.18 v. 16 à 18: Amos 9.11-12, cité d'après l'ancienne version grecque..”
19C'est pourquoi, ajouta Jacques, j'estime qu'on ne doit pas créer de difficultés à ceux, non juifs, qui se tournent vers Dieu. 20Mais écrivons-leur pour leur demander de ne pas manger de viandes impures provenant de sacrifices offerts aux idoles, de se garder de l'immoralité et de ne pas manger de la chair d'animaux étranglés ni de sang#15.20 Voir Ex 34.15-16 ; Lév 17.10-16. – L'immoralité concerne ici les unions interdites par la loi juive, voir Lév 18.6-23.. 21Car, depuis les temps anciens, des hommes prêchent la loi de Moïse dans chaque ville et on la lit dans les synagogues à chaque sabbat. »
La lettre envoyée aux croyants non juifs
22Alors les apôtres et les anciens, avec toute l'Église, décidèrent de choisir quelques-uns d'entre eux et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas. Ils choisirent Jude, appelé aussi Barsabbas#15.22 Ce personnage est inconnu par ailleurs., et Silas, deux personnages qui avaient de l'autorité parmi les frères. 23Ils les chargèrent de porter la lettre suivante :
Règles pour la vie des communautés
(15.22-34)
Une lettre officielle est portée par des délégués dont l'autorité est reconnue. Elle expose non pas des conditions de salut – il est déjà accordé – mais des exigences pour le bien vivre ensemble dans les rencontres entre chrétiens d'origine juive ou non juive. Pour que tous puissent manger ensemble dans la communion nouvelle créée par l'accueil de la parole du Seigneur, on exige le respect de quelques règles morales et alimentaires, qui ont une valeur sacrée pour les Juifs. S'y ajoute un précepte universel contre l'immoralité.
« Les apôtres et les anciens, vos frères, adressent leurs salutations aux frères d'origine non juive qui vivent à Antioche, en Syrie et en Cilicie. 24Nous avons appris que des gens venus de chez nous vous ont troublés et inquiétés par leurs paroles. Nous ne leur avions donné aucun ordre à ce sujet. 25C'est pourquoi, nous avons décidé à l'unanimité de choisir des délégués et de vous les envoyer. Ils accompagneront nos chers amis Barnabas et Paul 26qui ont risqué leur vie au service de notre Seigneur Jésus-Christ. 27Nous vous envoyons donc Jude et Silas qui vous diront personnellement ce que nous écrivons ici. 28En effet, le Saint-Esprit et nous-mêmes avons décidé de ne vous imposer aucun fardeau en dehors des devoirs suivants qui sont indispensables : 29ne pas manger de viandes provenant de sacrifices offerts aux idoles ; ne pas manger de sang, ni de la chair d'animaux étranglés ; vous garder de l'immoralité. Vous agirez bien en évitant tout cela. Fraternellement à vous ! »
30On prit alors congé des délégués et ils se rendirent à Antioche. Ils y réunirent l'assemblée des croyants et leur remirent la lettre. 31On en fit la lecture et tous se réjouirent de l'encouragement qu'elle apportait. 32Jude et Silas, qui étaient eux-mêmes prophètes, parlèrent longuement aux frères pour les encourager et les fortifier dans la foi. 33Ils passèrent quelque temps à cet endroit, puis les frères leur souhaitèrent un paisible voyage de retour vers ceux qui les avaient envoyés. [ 34Mais Silas décida de rester là#15.34 Ce verset ne se trouve pas dans plusieurs anciens manuscrits..] 35Cependant, Paul et Barnabas restèrent à Antioche. Avec beaucoup d'autres, ils enseignaient et prêchaient la parole du Seigneur.
A la croisée des chemins
(15.35-41)
Paul et Barnabas ne devront pas demeurer longtemps auprès d'une même communauté locale. Paul désire toujours repartir en mission… Mais les conflits entre les personnes (v. 39) modifient les équipes, qui prennent alors des routes différentes. Désormais Paul et ses compagnons se tournent complètement vers le monde gréco-romain.
Paul et Barnabas se séparent
36Quelque temps après, Paul dit à Barnabas : « Retournons visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir comment ils vont. » 37Barnabas voulait emmener avec eux Jean surnommé Marc ; 38mais Paul estimait qu'il ne fallait pas le faire, parce qu'il les avait quittés en Pamphylie et ne les avait plus accompagnés dans leur mission#15.38 Comparer 13.13.. 39Ils eurent une si vive discussion qu'ils se séparèrent. Barnabas prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre, 40tandis que Paul choisit Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce du Seigneur. 41Il traversa la Syrie et la Cilicie#15.41 La Cilicie est la région de la ville de Tarse., en fortifiant la foi des Églises.

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Actes 15: BEX2004

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